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La hauteur de vol des chauves-souris, mesurée à partir de mâts éoliens, permet de prédire le risque de mortalité dans les parcs éoliens terrestres

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Les mortalités de chauves-souris dues à des collisions ou à des barotraumatismes dans les parcs éoliens terrestres suscitent actuellement de vives inquiétudes en matière de conservation. Dans de nombreux pays, des études acoustiques préalables à l'installation sont obligatoires afin d'estimer l'impact des projets de parcs éoliens. À cette fin, l'utilisation de mâts éoliens pour estimer l'activité des chauves-souris et donc prédire le risque de collision est fortement recommandée par les comités de conservation du monde entier. Cependant, la mesure dans laquelle les collisions peuvent être prédites à partir de la surveillance acoustique des mâts éoliens fait l'objet d'un vif débat. 

Pour évaluer cette relation, des réseaux de microphones ont été installés sur 23 mâts éoliens afin d'enregistrer et de localiser l'activité des chauves-souris sur l'axe vertical pendant 3 260 nuits. Pour chaque espèce, nous avons également calculé un indice de susceptibilité aux collisions, basé sur les données de mortalité recueillies dans la littérature et corrigées en fonction de l'abondance des espèces. Nous démontrons que l'indice de susceptibilité aux collisions est corrélé au pourcentage de passages de chauves-souris à la hauteur des pales.

Les enregistrements acoustiques nous ont permis d'établir une référence pour les ratios d'activité de vol au-dessus de 20 à 45 m de hauteur pour plus de 16 espèces de chauves-souris européennes. La corrélation que nous démontrons ici entre le pourcentage de passages de chauves-souris à hauteur – enregistré à partir d'études acoustiques sur des mâts éoliens – et les mortalités de chauves-souris confirme clairement que les estimations d'activité à partir des mâts éoliens sont appropriées pour les évaluations d'impact des éoliennes.

 

Article en anglais

 

Abstract : Bat fatalities by collision or barotrauma at wind farms currently raise high conservation concerns. In many countries, pre-installation acoustic surveys are mandatory in order to assess the impacts of wind farm projects. In this purpose, the use of wind masts to estimate bat activity and hence predict collision risk is highly recommended by conservation committees worldwide. Yet, the degree to which collisions may be predicted from acoustic monitoring at wind masts has been strongly debated. To assess this relationship, microphone arrays were installed on 23 wind masts in order to record and locate bat activity on the vertical axis during 3260 nights. For each species, we also calculated a collision susceptibility index, based on fatality data gathered in the literature and corrected for species abundance. We demonstrate that the collision susceptibility index is correlated with the percentage of bat passes at blade height. The acoustic recordings allowed us to establish a reference for the ratios of flight activity above heights of 20–45 m high for more than 16 European bat species. The correlation we demonstrate here between the percentage of bat passes at height – recorded from acoustic surveys on wind masts – and bat fatalities strongly supports that activity estimates from wind masts are appropriate for wind turbine impact assessments.

Source : Temps passé en vol à hauteur de rotor - Roemer et al. (2017)

A propos

Date :
01 novembre 2017
Auteur(s) :
Charlotte Roemer, Thierry Disca, A. Coulon, Yves Bas
Etablissement(s) :
MNHN
Entité(s) environnementale(s):
Biodiversité
Milieux concernés:
Tous milieux naturels confondus
Espèce(s):
Noctule commune , Noctule de Leisler, Grande noctule, Petit rhinolophe, Oreillard gris, Oreillard roux, Barbastelle d’Europe, Minioptère de Schreibers, Pipistrelle de Kuhl, Pipistrelle de Nathusius, Pipistrelle pygmée, Molosse cestoni, Sérotine de Nilsson, Sérotine bicolore
Collection/revue :
Biological Conservation